Blog | Adultes & Seniors | avril 5, 2025

Arthrose : pourquoi bouger reste essentiel (et comment l’ostéopathie peut accompagner)

L’arthrose touche de nombreuses personnes à partir de 50 ans, mais aussi parfois plus tôt. Elle peut faire peur : on imagine des articulations “usées”, des douleurs qui s’installent et la crainte de ne plus pouvoir bouger comme avant. Pourtant, rester actif est l’un des meilleurs moyens de préserver sa mobilité et sa qualité de vie.

Dans cet article, nous vous proposons de mieux comprendre ce qu’est (et ce que n’est pas) l’arthrose, de faire la différence entre douleur, inflammation et raideur, et de voir comment le mouvement – associé à un suivi ostéopathique adapté – peut vous aider au quotidien.

Arthrose : de quoi parle-t-on vraiment ?

L’arthrose est une usure progressive du cartilage qui recouvre l’extrémité des os dans une articulation. Ce cartilage devient plus fin, moins lisse, ce qui peut entraîner des douleurs, une raideur et parfois une déformation de l’articulation (genou, hanche, colonne, doigts, etc.).

Elle est fréquente avec l’âge, mais ce n’est pas une fatalité qui condamne à la douleur permanente. Beaucoup de personnes arthrosiques vivent avec peu de gêne, surtout lorsqu’elles bénéficient d’un accompagnement adapté et restent actives.

Arthrose, arthrite : ne pas confondre

On confond souvent arthrose et arthrite. L’arthrose correspond principalement à une usure mécanique du cartilage, alors que l’arthrite désigne une atteinte inflammatoire de l’articulation (comme dans la polyarthrite rhumatoïde). Les deux peuvent parfois coexister, mais leurs mécanismes et leurs traitements ne sont pas les mêmes.

Douleur, inflammation, raideur : faire la différence

Les sensations que vous ressentez au niveau d’une articulation arthrosique ne sont pas toujours les mêmes. Les distinguer permet de mieux adapter la prise en charge.

  • La douleur peut apparaître à l’effort (marche, escaliers, port de charges) ou en fin de journée. Elle est parfois plus sourde, parfois plus vive, et peut limiter vos activités.

  • L’inflammation se manifeste par une articulation chaude, éventuellement gonflée, avec des douleurs plus importantes, parfois au repos ou la nuit. Dans ce cas, un avis médical est indispensable.

  • La raideur est cette sensation de “grippage” au démarrage, notamment le matin ou après être resté assis longtemps. Elle s’améliore souvent au bout de quelques mouvements.

Comprendre ce que vous ressentez aide l’ostéopathe à adapter ses techniques et à vous conseiller sur les moments où il est préférable de bouger, de vous reposer, ou de consulter votre médecin pour un bilan complémentaire.

Pourquoi bouger reste essentiel en cas d’arthrose

Face à la douleur, le premier réflexe est souvent de moins bouger pour "ménager" l’articulation. Pourtant, un arrêt prolongé du mouvement aggrave généralement le problème : les muscles s’affaiblissent, les articulations se raidissent, et la douleur peut devenir plus présente.

Au contraire, une activité physique douce et régulière permet :

  • de nourrir et lubrifier le cartilage grâce au mouvement du liquide articulaire ;

  • de renforcer les muscles qui soutiennent et stabilisent l’articulation ;

  • de conserver une bonne mobilité et une meilleure posture ;

  • de diminuer la perception de la douleur et d’améliorer le moral.

L’objectif n’est pas la performance, mais la régularité. De petites séances de mouvement, bien choisies, sont souvent plus bénéfiques qu’un effort intense et ponctuel.

Comment bouger avec arthrose, concrètement ?

Les bons réflexes au quotidien

Le choix des activités dépend de votre âge, de votre niveau de forme et des articulations concernées. De manière générale, on privilégie les mouvements doux, progressifs et peu traumatisants pour les articulations.

  • Privilégier la marche régulière (sur terrain plutôt plat), le vélo ou le vélo d’appartement, la natation ou l’aquagym.

  • Fractionner l’activité : plusieurs courtes séances dans la journée plutôt qu’un long effort d’un coup.

  • Entretenir la souplesse avec des mouvements lents d’amplitude, conseillés par un professionnel de santé.

  • Adapter le quotidien : utiliser la rampe d’escalier, alterner les positions assis/debout, éviter de rester immobile trop longtemps.

Ce qu’il vaut mieux éviter

Certaines activités peuvent être trop agressives pour une articulation déjà fragilisée : par exemple, les sports avec impacts répétés (sauts fréquents, course sur sol dur) ou les efforts intenses réalisés sans préparation. L’idée n’est pas d’interdire, mais d’adapter, en concertation avec votre médecin, votre ostéopathe ou votre kinésithérapeute.

Comment l’ostéopathie peut vous accompagner

L’ostéopathie ne “répare” pas le cartilage usé, mais elle peut aider à mieux vivre avec l’arthrose en travaillant sur l’ensemble des structures qui entourent l’articulation et en améliorant sa fonction globale.

Le rôle de l’ostéopathe

Lors d’une consultation, l’ostéopathe va chercher à comprendre votre histoire, vos activités, vos antécédents médicaux et la façon dont votre corps s’adapte. Le travail se fait en douceur, toujours dans le respect de votre confort et de vos éventuelles contre-indications médicales.

  • Mobiliser en douceur les articulations raides pour améliorer leur amplitude lorsque c’est possible.

  • Diminuer les tensions musculaires et ligamentaires qui augmentent la pression sur l’articulation.

  • Travailler sur la posture globale (bassin, colonne, membres inférieurs) pour mieux répartir les contraintes.

  • Vous conseiller des exercices simples à réaliser chez vous pour entretenir les bienfaits de la séance.

Un complément, pas un remplacement

L’ostéopathie vient en complément du suivi médical (médecin traitant, rhumatologue, kinésithérapeute). Elle ne remplace pas les examens, les traitements prescrits ou la surveillance nécessaire, en particulier en cas de poussée inflammatoire importante ou de pathologie associée.

Quand consulter et à qui en parler ?

Si la douleur s’installe, vous réveille la nuit, s’accompagne d’un gonflement important, de rougeur ou de fièvre, il est essentiel de consulter votre médecin pour un avis rapide. En dehors de ces situations d’alerte, vous pouvez échanger avec votre médecin, votre rhumatologue, votre kinésithérapeute et votre ostéopathe afin de construire un plan de prise en charge cohérent.

Au Luxembourg, un suivi régulier permet souvent de maintenir une bonne autonomie malgré l’arthrose. En restant acteur de votre santé, en bougeant à votre rythme et en vous faisant accompagner, vous mettez toutes les chances de votre côté pour conserver mobilité, confort et qualité de vie.